l'Ogre au pull vert moutarde #1




















SUC-CU-LEN-TIS-SI-ME !

Je me suis régalée la papille et le sourire hier à lire Marion Brunet et son Ogre au pull vert moutarde.
Marion Brunet, je la guettais, depuis que j'avais lu, épatée, son Frangine (que Monsieur Pépix-très-enthousiaste m'avait convaincue de lire, à Montreuil).
Ça se confirme, je me retrouve emballée pareil, et à nouveau je me dis que ce livre-là devrait être de toutes les classes, de tous les CDI et de toutes les bibliothèques de France et de Navarre. Vous avez l'eau à la bouche, je vous donne faim ?

"J'en viens à l'essentiel. Sachez que les vieux ont un goût particulier : le goût du passé. Ce n'est pas vraiment mauvais, mais c'est ... amer. Mauvais choix ressassés, regrets pour des trucs pas finis, remords pour des trucs mal finis... Dur à digérer, ça reste sur l'estomac. Et alors quand ils ont des choses graves à se reprocher, le goût devient carrément acide.
[...] Eh bien voilà : la culpabilité, c'est acide comme du jus de citron vert. Et puis il y a aussi l'ennui... L'ennui a un goût de navet [...]; et si l'ennui est depuis de nombreuses années, le vieux prend carrément un goût d'endive bouillie !" p.55-56

On apprend aussi, un peu plus loi qu'ils ont "le goût de la patience (acquise au cours d'une longue vie d'attentes pas toujours comblées), la saveur de la douceur (datant de l'époque où les petits-enfants venaient encore en visite), et celle de la nostalgie - qui ressemble un peu à du biscuit trempé dans du thé." p.57

"C'est l'avenir qui donne un si joli goût à la chair des enfants. Ça pétille sur la langue, vous voyez ? [...] Entre un vieux au goût d'endive et un enfant qui... qui... pourrait être tellement de choses : futé, boute-en-train, amoureux, mélancolique, léger, timide, profond, orgueilleux, avare, généreux... et qui pourrait devenir tout ce qu'il veut !" p.59
"L'échec, ça a un goût d'épinards." p.60

"Vous vous souvenez, j'ai dit tout à l'heure que les enfants avaient un goût d'avenir ? Eh bien, une petite chose très important que je n'ai pas précisée, c'est qu'ils ont aussi une ODEUR... [...] : une odeur d'espoir, qu'aucune vie en foyer, aucune existence misérable, aucun chagrin, aucun deuil, aucune souffrance, ne peut leur retirer.
[...] Ils traînent derrière eux ce délicieux fumet d'ESPOIR qui ressemble très exactement à du fondant au chocolat, croustillant autour et chaud dedans." p.118

Miam, non ?

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